Juin 2009
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Editorial


Pour ce mois de juin, nous avons le plaisir de vous proposer Evan Christopher et son quartet pour son projet « Django à la Créole ». Ce concert avait été programmé puis annulé en raison de la tempête Klauss en janvier dernier. Evan profite de son passage en Europe, entre le festival Django Reinhardt de Samois et celui d’Ascona en Suisse pour faire un passage chez nous. Pour des raisons de calendrier et de disponibilité de salle, ce concert sera organisé en collaboration avec « Arcachon Culture » et sera organisé en la basilique Notre Dame d’Arcachon.



Nos prochains concerts



Pour le concert d’Evan Christopher le 19 juin, les billets seront à vendre le soir du concert à la Basilique Notre Dame d’Arcachon (ouverture des guichets à 19 h 30)

Notre concert du 19 juin : Evan Christopher


Evan que nous avons eu le plaisir de recevoir en décembre 2006, nous revient pour présenter son projet « Django à la Créole ». Reprendre du Django Reinhardt façon créole ? Diable !!!


Evan Christopher fait partie de ces nombreux musiciens de La Nouvelle Orléans forcés de s’expatrier face aux catastrophiques inondations provoquées par Katrina en 2005. Lors de son séjour en France, ce brillant clarinettiste spécialiste des musiques de Louisiane, New Orleans, Créole, Cajun et autre Zydéco découvre Django Reinhard et il imagine ce projet original qui consiste à pimenter la musique du Hot Club d’influences créole et bluesy. Evan Christopher et son guitariste australien David Blenkhorn ont d’abord écouté les échanges de Django Reinhardt avec les musiciens américains. A ce titre, impossible d’ignorer les superbes et lumineuses faces de 1939 gravées en compagnie de Rex Stewart et Barney Bigard. Ils reprennent deux titres de cette légendaire séance : Low Cotton et I know that you know. Au programme ils inscrivent le typiquement new orleans Farewell Blues déjà enregistré par le génial manouche en compagnie de Benny Carter, et Insensiblement, magnifique ballade de Misraki repris avec une remarquable douceur dans le registre grave de la clarinette.


Le reste du répertoire est reinhardtien, mais dans des arrangements rafraichissants évoquant Cuba, les Caraïbes ou le Brésil. Nuages nous transporte à La Havane, Mélodie au crépuscule à Rio de Janeiro, Dinette est pris en cha-cha, Manoir de mes rêves en boléro ! Enfin, l’exceptionnelle relecture syncopée de Douce Ambiance nous plonge dans un stupéfiant climat de tension tout à fait inédit. Bref, un projet joliment réussi.


Evan Christopher à la clarinette est accompagné par :

Django Reinhardt


Guitariste et improvisateur de génie, héritier de la tradition tzigane, Django Reinhardt, cet autodidacte surdoué, est le seul musicien européen qui ait véritablement influencé le jeu des musiciens américains.


Django Reinhardt est sans doute le premier guitariste de jazz sur le plan chronologique et sur le plan esthétique. Django conféra d’entrée à la guitare sèche un langage soliste très complet, fondé sur la virtuosité traditionnelle et l’expression sonore des musiciens de son milieu, mais aussi sur la transposition des lignes constitutives du jeu de Louis Armstrong puis des saxos middle jazz tels Coleman Hawkins et Benny Carter, à quoi allaient s’ajouter, après la Libération, quelques emprunts au phrasé parkérien, facilités par la souplesse de la guitare électrique dont il fit alors grand usage.


En 1934, c’est à lui que le Hot Club demanda de former un quintette, composé de trois guitares, un violon, une contrebasse. Le violoniste était Stéphane Grappelly. Les improvisations Reinhardt-Grappelly choquaient les fanatiques qui n’y voyaient que de lointains rapports avec la musique de Harlem. C’était vrai, mais on présentait comme une critique ce qui aurait dû être ressenti comme une délivrance. De nombreux critiques ont prétendu que Django n’était pas à proprement parler un jazzman, mais qu’il était un artiste singulier qui resta à la périphérie du jazz. André Hodeir a écrit que le guitariste fut « davantage un incident pittoresque qu’un événement historique ». En fait, la situation de Django par rapport au jazz correspond à son mode de vie et à sa situation sociale : gitan, autrement dit marginal, il a toujours considéré la liberté comme la seule chose vraiment importante de son existence. Et pourtant, le musicien, héritier de la tradition tzigane, allait devenir le plus célèbre des musiciens européens.


Jean-Baptiste Reinhardt, très tôt surnommé Django, est né dans la roulotte familiale à Livrechies (en Belgique), le 23 janvier 1910. Ses parents s’installent, au lendemain de la grande guerre, à proximité de Paris. A cette époque, Django est déjà reconnu comme un bon instrumentiste, à l’âge de treize ans il commence à gagner un peu d’argent en jouant dans les cabarets de Paris, notamment dans un bal musette de la rue Monge, et lorsqu’il ne gratte pas sa guitare, il passe ses nuits dans les boites de nuit où il peut écouter les derniers titres américains à la mode qu’interprète l’orchestre de Billy Arnold. Puis Jack Hilton lui propose de travailler avec lui. Un tragique accident empêche le projet d’aboutir. De retour très tard une nuit ; il trouva la roulotte remplie de fleurs artificielles que sa femme devait vendre le lendemain. La bougie qu’il tenait tomba dans les fleurs en celluloid. Il y eut une explosion, et, en quelques instants, la roulotte ne fut qu’un brasier. Sa femme put s’enfuir, les cheveux complètement grillés, mais Django tomba à demi inconscient sous la couverture avec laquelle il avait tenté de la protéger. A l’hôpital, on s’aperçut que sa main gauche était affreusement mutilée. A sa sortie d’hôpital, à force de courage et de persévérance, il élabore une nouvelle technique pour jouer de la guitare. Il fait alors connaissance d’un jeune peintre qui partage son amour pour le jazz. Django sait désormais qu’il consacrera sa vie à cette musique. Jean Delaunay eut l’occasion de lui demander ce qui le poussa à devenir jazzman : « le jazz m’attira parce que je trouvais en lui la perfection de la forme et de la précision instrumentale que j’admirais dans la musique classique, et qui manque dans la musique populaire. »


C’est son ami peintre, Emile Savitry, qui le fit participer aux concerts du Hot Club dès l’hiver 1933. A la suite ce ces premiers concerts, le critique Jacques Bureau écrira « On peut dire que ce fut la révélation, c’est un musicien très curieux dont le style ne ressemble à aucun autre. Nous avons maintenant à Paris un grand improvisateur… »


Ce sera toutefois la formation du quintette patronné par le Hot Club de France, en décembre 1934, qui lancera véritablement le guitariste manouche Django Reinhardt.


















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N° 9/06293 du 18/12/2002

Président : Jean-Claude Doignié

La Teste de Buch


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